Sieur Gabriel d’Argon,
Sénéchal de nos Glorieuses Armées,
Mon Aspellor,
Je tiens à vous présenter mes excuses pour la réponse tardive que je vous envoie aujourd’hui. Sachez que je regrette de n’avoir pu satisfaire votre demande quand je pris la mer il y a de cela plusieurs semaines. Je ne pouvais faire route arrière et vous rencontrer pour vous expliquer mes sentiments à l’égard de la Blanche. Tout ce que je vous ai écrit était vrai car en rien je ne vous aurait menti, vous le savez.
Je suis rentré en la Sainte Cité depuis hier et y resterai le temps de faire mon deuil. Je sais que l’Archevêque Louen Rimbaldi de Castelcerf fut un homme qui compta beaucoup pour vous. Je compatis à votre chagrin et vous adresse mes condoléances à ce sujet.
Mon retour s’accompagne également d’un autre drame, celui de cette triste histoire que nous entendons dans les rues de Citria au sujet de la Damoiselle Bernay et du Sieur d’Argon. Je ne prends pas part à ces ragots mais ne saurai rester sourd à ce que j’entends. Je ne suis en connaissance de toute l’histoire et souhaite profiter de notre prochaine rencontre pour vous entretenir à ce sujet. Je souhaite tirer au clair cette affaire, nisi pas au nom du Très Saint Ordre du Clergé de Citria que j’ai quitté mais en tant que Vassal de mon défunt Seigneur et Oncle de la Damoiselle Bernay. Vous savez que je place en mon cœur la Chevalerie de l’Amour tout comme vous placer la Chevalerie Guerrière en le votre. Je ne saurai rester indifférent face à une Damoiselle qui s’est vue offensée. Le malheur fait que la Damoiselle en question est une de mes proches dont la réputation va de pair avec ses fonctions en la Cité. Vous êtes et resterai également mon Aspellor et c’est pourquoi je souhaite vous rencontrer.
On ne peut connaître la vérité qu’en sondant le cœur et le regard des hommes. Je ne vous mentirai point ici. J’ai écrit à la damoiselle Bernay pour lui dire que je souhaitais faire la même chose à son égard. Je prie vivement pour que ces rumeurs ne soient pas fondées et qu’une solution amiable puisse être trouvée. Dans les cas contraires, je ne pourrai me constituer que Défenseur de la Damoiselle et demeurerai son champion si celle-ci l’acceptait. Je ne saurai faire autrement car je suis le Vassal de feu son Oncle et qu’il s’agit là de valeurs et de sentiments qui devraient constituer une norme en la Blanche.
Puissiez-vous répondre à ma demande de rencontre afin d’évoquer cette histoire, que je sache les faits et que l’on puisse en discuter avant d’en prendre éventuellement les armes. En cette attente portez-vous bien.
Liam le Chaste.